Semaine de prière mondiale – Novembre 2020

Catégories : Prière

Fidélité dans le mode de vie chrétien

TED N. C. WILSON

Juste avant son ascension, Jésus-Christ a confié à ses disciples un mandat important – l’évangélisation du monde (voir Mt 28.18-20).

Cette semaine de prière a pour thème « Atteindre le monde : fidélité dans le mode de vie chrétien ». Mais qu’est-ce que le mode de vie chrétien a à voir avec l’évangélisation du monde ? Bien des choses, car c’est par notre façon de vivre que nous révélons qui nous sommes en tant que chrétiens. Quelles sont nos valeurs et nos priorités ? Comment utilisons-nous notre temps et nos ressources ? Quelle sorte de vie vivons-nous ?

« Être un chrétien, c’est être comme Christ », a déclaré Ellen White*. Jésus est notre exemple. C’est seulement par sa grâce et sa puissance que nous pouvons être fidèles à son appel alors que nous nous appuyons entièrement sur lui et sur sa Parole.

Au cours de cette semaine, nous explorerons des sujets très importants. Tout d’abord, nous nous pencherons sur la Bible en tant que fondement même du mode de vie chrétien. Nous examinerons comment les valeurs du royaume informent la vie chrétienne, et comment les vertus chrétiennes guident notre vie. Ensuite, nous aborderons la question de la santé – un aspect très important du mode de vie chrétien. Alors que nous considérons Christ comme notre modèle, nous serons vraiment encouragés et inspirés. Nous aborderons aussi le mode de vie chrétien par rapport aux médias, à la sexualité, et à la vie chrétienne. Enfin, nous terminerons cette semaine spéciale par la réflexion « Vivre au temps de la fin : mode de vie chrétien et événements des derniers jours », d’Ellen White.

Joignez-vous donc à moi dans cette exploration passionnante de la relation entre le mode de vie chrétien et l’évangélisation du monde ! Prions humblement pour recevoir la pluie de l’arrière-saison promise – l’effusion du Saint-Esprit – et pour que Dieu nous aide à vivre pour lui par la puissance que lui seul peut nous accorder.

* Ellen G. White, Manuscript Releases, Silver Spring, Md., Ellen G. White Estate, 1990, vol. 9, p. 230, egwwritings.org/?ref=en_9MR.230.1&para=59.1290.

 

Ted N. C. Wilson est le président de la Conférence générale de l’Église adventiste du septième jour.

Ressources à télécharger :

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Jour 1 : Ta lumière est une lampe à mes pieds

 

La Bible, fondement même du mode de vie chrétien.

Après avoir obtenu mon diplôme de Takoma Academy, au Maryland (États-Unis), j’ai décidé de poursuivre mes études à l’Institut d’enseignement supérieur La Sierra (aujourd’hui une université) en Californie, à plus de 4 100 kilomètres du Maryland. Ça a été une phase nouvelle et importante de ma vie. Peu après, j’ai reçu une lettre de mon père, dans laquelle il avait inséré une carte avec la citation suivante, écrite de sa propre main : 

« Consacrez-vous à Dieu dès le matin ; que ce soit là votre premier soin. Votre prière doit être : “Prends-moi, ô Dieu, comme ta propriété exclusive. Je dépose tous mes plans à tes pieds. Emploie-moi aujourd’hui à ton service. Demeure en moi, et que tout ce que je ferai soit fait en toi.” C’est là une affaire quotidienne. Soumettez-lui tous vos plans, quitte à les délaisser ou à les exécuter selon qu’il vous l’indiquera. En vous consacrant à Dieu chaque jour, votre vie sera de plus en plus façonnée sur celle de Jésus1. » 

J’ai apprécié non seulement le temps et l’attention que mon père m’a consacrés en m’écrivant cette lettre, mais aussi cette instruction spirituelle aussi puissante de la part de l’Esprit de prophétie. Elle a signifié beaucoup pour moi. Dès lors, les écrits d’Ellen White me sont devenus plus précieux. 

Pendant des années, j’ai gardé cette carte dans ma Bible – en fait, jusqu’à ce que je la perde. Il y a quelques années, j’ai demandé à mon père de me récrire la même citation. Je conserve toujours cette seconde carte dans ma Bible. Cette citation ô combien précieuse est pour moi un rappel constant du souci spirituel de mon père à mon endroit. Ne considérez jamais votre concentration spirituelle sur les vôtres comme quelque chose d’accessoire. Consacrez du temps à vos enfants. Cela vous rapportera des dividendes spirituels grâce à l’influence et à la puissance du Saint-Esprit.

LA PUISSANCE DE LA PAROLE DE DIEU

Alors que chaque jour nous nous consacrons à Dieu et déposons tous nos plans à ses pieds, combien il importe de prendre le temps de l’écouter nous parler par la Bible ! « Ta parole est une lampe à mes pieds, et une lumière sur mon sentier. » (Ps 119.105)

Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreuses philosophies humanistes se disputant notre attention nous conduisent finalement sur un sentier très sombre. Mais la fiabilité de la Parole a fait ses preuves. La Bible illumine notre sentier et nous donne une direction divine fiable. Elle nous procure le fondement même pour développer et maintenir une relation avec Jésus-Christ, et pour apprendre ce que signifie vivre la vie à laquelle il nous destine. La Bible est la Parole vivante de Christ – la vérité éternelle qui transcende toutes les cultures et nous dirige vers la culture céleste.

Lorsque Jésus affronta Satan au désert, il déclara hardiment : 

« L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Mt 4.4) Ce verset nous dit que chaque partie des Écritures est importante. Bien que nous déclarions que Dieu n’a pas dicté la Bible mot à mot, nous acceptons sa Parole comme pleinement inspirée par son Esprit. Pierre est on ne peut plus clair : « Et nous tenons pour d’autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, […] sachant tout d’abord vous-mêmes qu’aucune prophétie de l’Écriture ne peut être un objet d’interprétation particulière, car ce n’est pas par une volonté d’homme qu’une prophétie a jamais été apportée, mais c’est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu. » (2 P 1.19-21)

LA VÉRITÉ FONDAMENTALE

Tout en priant pour ses disciples (et pour nous), Christ a indiqué la puissance de la Parole par cette déclaration : « Sanctifie-les par ta vérité : ta parole est la vérité. » (Jn 17.17)

Dans un monde où la vérité est considérée comme relative, basée sur une expérience personnelle, Christ proclame courageusement que sa Parole – la Bible – est la vérité solide, immuable. Par la puissance de son Saint-Esprit, sa vérité agit dans notre cœur, nous transforme, et nous sanctifie.

C’est la raison pour laquelle la Bible est fondamentale pour le mode de vie chrétien. Elle définit ce que signifie être un disciple de Christ (voir Mt 5). Elle nous donne de saints modèles et nous révèle que « la voie des perfides est rude » (Pr 13.15). Elle nous procure une sagesse éternelle, nous rend « sage[s] à salut » (2 Tm 3.15) ; et cependant, elle est tellement simple que même un enfant peut la comprendre. Par l’histoire et la prophétie, nous voyons comment Dieu a conduit son peuple par le passé, et sommes assurés que ce qui est encore à venir s’accomplira (Jos 21.45 ; 2 Co 1.20). Les pages des Écritures nous révèlent notre origine et notre destinée (Gn 1.1 ; Ap 21.1,7 ; Ap 22.17).

C’est par les Écritures et la prière que nous parvenons à connaître Dieu. « Si vous voulez apprendre à connaître le Sauveur, étudiez les saintes Écritures, lisons-nous dans Vers Jésus. Remplissez votre cœur des paroles de Dieu. Elles sont l’eau vive qui étanchera votre soif ardente. Elles sont le pain vivant, descendu du ciel2. »

Ellen White explique : « La Bible n’a pas été écrite pour les savants seulement ; elle a, au contraire, été écrite pour le peuple. Les grandes vérités fondamentales du salut y apparaissent aussi claires que le jour. Ce ne sont pas ceux qui la lisent qui risquent de tomber dans l’erreur ou de s’égarer, mais ceux qui veulent suivre leur propre jugement au lieu de la volonté de Dieu clairement révélée3. » 

Elle donne ensuite cet avertissement : « En ce qui concerne les enseignements des saintes Écritures, ne nous fions pas à l’opinion d’un homme. Étudions la Parole de Dieu pour nous-mêmes4. »

LA BIBLE EST SON PROPRE INTERPRÈTE

Cette méthode est soutenue par l’approche historico-biblique (ou biblico-grammaticale) de la lecture de la Parole de Dieu, telle que décrite dans le document intitulé « Méthodes de l’étude biblique », document voté par l’Église mondiale5. Cette méthode attentivement révisée de l’étude biblique permet à la Bible – et non à l’individu ou à la culture, comme l’approche historico-critique de l’étude biblique encourage les lecteurs à le faire – d’être son propre interprète. Elle est expliquée davantage en détail dans le livre La tragédie des siècles :

« Là où il n’y a ni figures ni symboles, il faut donner aux termes de la Bible leur sens le plus évident. […] Si l’on voulait attribuer aux paroles de l’Écriture leur sens propre, s’il n’y avait pas de faux docteurs pour égarer et troubler les esprits, il s’accomplirait sur la terre une oeuvre qui réjouirait les anges et grâce à laquelle des milliers de brebis qui errent maintenant dans les ténèbres seraient introduites dans le céleste bercail6. »

Pendant des siècles, des hommes et des femmes fidèles ont pris de grands risques en acceptant la Bible de façon textuelle. Certains ont même payé de leur vie leur fidélité aux Écritures. Aujourd’hui, la Bible est facilement disponible. Chaque année, plus de 100 millions de Bibles sont imprimées, et « YouVersion », une appli téléchargeable de la Bible, compte au total plus de 100 millions de téléchargements7. Cela s’ajoute aux nombreuses autres versions en ligne disponibles.

CROIRE EN LA PAROLE DE DIEU

Il est clair qu’un grand nombre d’individus croient qu’il est important d’avoir une Bible. Mais combien croient qu’il est important de la lire, de la méditer, et de suivre ses conseils ?

Pour les Juifs de Bérée, cela était l’évidence même. « Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Écritures, pour voir si ce qu’on leur disait était exact. » (Ac 17.11)

Et nous pouvons faire comme eux ! La lecture quotidienne de la Bible accompagnée de la prière est le fondement même de notre expérience spirituelle. Si nous ne nous branchons pas sur le ciel, il nous sera impossible de croître spirituellement (voir 2 P 3.18). Quel privilège de pouvoir nous brancher sur Dieu chaque jour, sachant qu’il aspire à communier avec nous !

Chaque jour, à mon réveil, je me mets à genoux et remets ma vie entre les mains de Dieu. Je lui demande de m’accorder la sagesse et le Saint-Esprit dans ma vie. Le Seigneur ne manque jamais à ses engagements envers nous. J’essaie de lire la Bible de façon systématique, conformément au plan de lecture « Confiez-vous en ses prophètes »8, ainsi que d’autres sections de la Bible. Je lis ensuite l’Esprit de prophétie. L’étude du Questionnaire adulte de l’École du sabbat ainsi que d’autres outils d’étude propres à renforcer le parcours spirituel avec le Seigneur sont également utiles.

Comme l’étude de la Bible ne doit jamais se faire sans prière, sans demander au Saint-Esprit de nous guider, je prie toujours avant de lire la Parole de Dieu. Je suis infiniment reconnaissant pour la « Parole écrite » – l’incarnation écrite de la « Parole vivante » – Jésus-Christ.

En tant que chrétiens adventistes, ne permettez à personne de vous faire croire que l’étude quotidienne de la Parole de Dieu n’a aucune importance. Buvez à longs traits les vérités profondes jaillissant des Écritures et les instructions contenues dans les écrits de l’Esprit de prophétie. Votre vie spirituelle en sera enrichie au-delà de toute mesure. Tandis que nous communions avec Dieu et que nous marchons chaque jour avec lui, il nous transformera, comme il l’a fait pour Hénoc.

« Au milieu de son ardente activité, Hénoc ne négligeait pas la communion avec Dieu. Plus le travail était pénible et pressant, plus constantes et ferventes étaient ses prières. Après une période de labeur consacrée au salut des âmes, il se retirait loin de la société pour se livrer, dans la solitude, à la recherche de la connaissance divine dont il avait faim et soif. À la suite de ces périodes d’intimité avec Dieu, son visage reflétait la lumière qui rayonne de celui de Jésus.

« Nous devons, nous aussi, marcher avec Dieu. Ce faisant, nos visages refléteront la clarté de sa présence […] Nous parlerons de sa puissance, en disant : “Louez Dieu ! Le Seigneur est bon, et bonne est la parole du Seigneur.” […] Et ceux qui seront transmués à la fin des temps seront ceux qui, sur la terre, communient avec Dieu9. »

Quel privilège extraordinaire avons-nous de communier avec Dieu chaque jour grâce aux moyens qu’il nous a donnés de le faire ! Et quelle joie de savoir qu’un jour, très bientôt, il reviendra pour nous amener au ciel avec lui !

Questions pour la réflexion

  • Comment rendre notre étude personnelle de la Bible plus engageante ? Réfléchissez à cinq façons créatives d’étudier la Parole de Dieu.
  • Comment abordons-nous les passages difficiles des Écritures ? Quelle serait l’approche de Jésus ?
  • Comment pouvons-nous transmettre aux prochaines générations d’adventistes l’importance de se brancher sur la Parole de Dieu ?

De Ted Wilson, pasteur et président de l’Eglise adventiste mondiale

  • Ellen G. White, Vers Jésus, p. 108.
  • Ibid., p. 134.
  • Ibid., p. 136.
  • Ibid.
  • Document intitulé « Methods of Bible Study », www.adventist.org/articles/methods-of-bible-study/.
  • Ellen G. White, La tragédie des siècles, p. 649.
  • « 29 Good Bible Sales Statistics », BrandonGaille Small Business & Marketing Advice, https://brandongaille.com/27-good-bible-sales-statistics/.
  • Ellen G. White, Patriarches et prophètes, p. 64.
  • Ellen G. White, Sons and Daughters of God, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn, 1955, p. 20.

Jour 2 : Les valeurs du royaume et la vie chrétienne

 

On trouve des adventistes dans la plupart des pays du monde. Apocalypse 14.12 nous dit pourquoi. Ce passage apocalyptique décrit deux valeurs et vérités clés qui évaluent la foi chrétienne. Il s’agit de la foi salvatrice en Jésus en tant que seul Sauveur de l’humanité, et de l’obéissance aux commandements de Dieu. Ces valeurs éternelles engendrent la paix, la joie, et le bonheur dans la vie humaine. 

 

L’APPEL À LA LOYAUTÉ 

La loyauté envers Jésus en tant que Seigneur est essentielle à la crédibilité de notre témoignage. Une vie déloyale est synonyme d’échec spirituel total. 

Ellen White commente : « Si, après avoir accepté la vérité, nous ne révélons pas au monde les effets sanctifiants de la vérité sur notre propre caractère, nous renions celui qui ôte les péchés du monde, Jésus-Christ. Si nous ne devenons pas des hommes et des femmes meilleurs, si nous ne devenons pas plus bienveillants, compatissants, courtois, si nous ne devenons pas davantage remplis de tendresse et d’amour, si nous ne manifestons pas aux autres l’amour qui a poussé Jésus à accomplir sa mission de miséricorde dans le monde, alors nous ne témoignons pas ici-bas de la puissance de Jésus-Christ auprès de nos semblables*. » 

 

UN EXEMPLE REMPLI D’AMOUR 

On ne peut partager l’amour de Jésus de façon convaincante avant d’en avoir fait personnellement l’expérience. Autrement dit, on ne peut partager ce qu’on n’a pas ! Le monde foisonne de gens en quête d’amour et d’acceptation, de gens qui aspirent à la paix et au bonheur. Or, ces gens découvriront rapidement si nous sommes des imposteurs. Mais la sincérité, elle, gagnera de nombreux cœurs. 

Tom est le fils de parents chrétiens. Il s’est fait baptiser à l’âge de 15 ans avec ses copains. Il se conforme à tout ce qu’on attend de lui. Mais il n’est pas vraiment converti. Plus tard, il épouse une femme chrétienne remarquable. Malgré tout, il fréquente des gens qui marchent sur le chemin spacieux menant à la destruction. Les années passent. Un jour, sa femme invite un pasteur à animer un groupe d’étude biblique chez elle. Tom n’est pas intéressé. Mais comme le pasteur est son ami, il ne s’y oppose pas. 

À l’insu de tous, Tom écoute attentivement les études bibliques depuis l’autre pièce. Après quelques semaines, il se joint au groupe et s’assied discrètement près de la porte. Il est témoin des transformations chez sa femme et les autres membres du groupe. Il les voit admettre honnêtement leurs erreurs et changer des choses dans leur vie. Une telle honnêteté le frappe ! Une nuit, il se met à pleurer de joie et de tristesse. Il témoigne : « Je n’avais pas du tout compris le message adventiste. En écoutant ces études, j’ai vu Jésus sous un nouveau jour. Dieu m’a donné une seconde chance et une nouvelle paire d’yeux. Maintenant, je vois les choses différemment. »

Ayant découvert l’amour irrésistible, authentique et contagieux de Dieu, Tom s’est fait rebaptiser.

 

UNE OBÉISSANCE GUÉRISSANTE

L’obéissance est une vérité largement calomniée et fort mal comprise. L’obéissance aux commandements de Dieu – véritable expression de notre amour pour Jésus – mène ultimement à la guérison de l’humanité et profite toujours à ceux qui s’y conforment. Jean a écrit : « Car l’amour de Dieu consiste à garder ses commandements. Et ses commandements ne sont pas pénibles » (1 Jn 5.3).

Une étudiante âgée de 18 ans commence ses cours universitaires. Au bout d’une semaine, elle découvre que l’un de ses cours se donne le vendredi soir, après le coucher du soleil. Elle décide d’aller voir son prof, et lui explique qu’en tant qu’adventiste, elle observe le sabbat du septième jour. Elle ne pourra donc assister au cours du vendredi soir. Bien que déçu, son prof refuse de modifier l’heure. Au lieu de se laisser intimider par cette difficulté, la jeune femme soumet son problème à Dieu.

Une semaine plus tard, le prof informe sa classe qu’il a changé l’heure du cours : il le donnera le vendredi matin plutôt que le vendredi soir. Que s’est-il donc passé ? se demande l’étudiante. Sans qu’elle le sache, son prof a contacté le siège de l’Église adventiste. « Est-il vrai que les adventistes observent le sabbat du septième jour du vendredi soir, au coucher du soleil, jusqu’au samedi soir, au coucher du soleil ? » a-t-il demandé. En constatant que c’était exact, il a décidé de changer l’heure du cours !

L’obéissance de la jeune femme a entraîné une double bénédiction : elle a consolidé sa foi ; elle a influencé son prof, lui a permis de découvrir la foi et le mode de vie adventistes, et l’a amené à respecter son étudiante. 

 

CRÉER DES OCCASIONS DE BÉNÉDICTION

Pour que les valeurs et les vérités du royaume de Dieu aient le pouvoir de bénir ceux qui les connaissent et d’influencer ceux qui ne les connaissent pas, les membres d’église doivent les mettre joyeusement en pratique dans leur vie et leur comportement. La religion n’a de pouvoir convaincant que lorsqu’elle est vécue dans la vie pratique. Quand nous faisons ce qui est juste, honnête et vrai, quand nous défendons les valeurs bibliques du royaume de Dieu, nous créons des occasions pour que Dieu non seulement agisse en notre faveur, mais aussi touche la vie de nos semblables. 

Considérez cette requête du psalmiste : « Ô Éternel ! qui séjournera dans ta tente ? Qui demeurera sur ta montagne sainte ? » (Ps 15.1) La réponse est claire : « Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. Il ne calomnie point avec sa langue, il ne fait point de mal à son semblable, et il ne jette point l’opprobre sur son prochain. Il regarde avec dédain celui qui est méprisable, mais il honore ceux qui craignent l’Éternel » (v. 2-4).

Notre monde est fracturé et confus. Ceci est vrai, où que se trouvent les adventistes. Pour vivre publiquement notre foi, nous devons la préparer et la cultiver en privé. Il y a longtemps, Dieu mit Jérémie au défi de parcourir « les rues de Jérusalem » pour chercher dans les places s’il s’y trouvait un individu « qui pratique la justice et s’attache à la vérité » (Jr 5.1). Aujourd’hui, Dieu cherche encore de tels gens – des gens qui abordent honnêtement les vérités qu’ils découvrent dans la Parole écrite de Dieu, qui vivent ces vérités, qui ont foi en Jésus, et qui observent ses commandements.

Chacun d’entre nous peut répondre oui à Dieu ! Il n’y a qu’à lui dire : « Seigneur, je serai cette personne fidèle. Aide-moi à être ce que je dois être à titre de chrétien authentique. » Notre réponse donne à Dieu des occasions de nous bénir et de bénir ceux que nous touchons. C’est là notre bonheur en tant qu’adventistes.

Questions pour la réflexion

1.       Comment pouvons-nous vivre notre vie de manière à refléter notre foi ?

2.       Que devons-nous changer dans notre vie pour que notre témoignage soit crédible aux yeux des autres ?

3.       Seule l’action du Saint-Esprit peut vraiment rétablir notre vie. Comment pouvons-nous trouver le courage de lui permettre de le faire ? Qu’est-ce qui peut nous empêcher de répondre à son action ?


De Audrey Andersson, secrétaire exécutive de la Division transeuropéenne de la Conférence générale des adventistes du septième jour.

* Ellen G White, That I May Know Him, Washington, D.C., Review and Herald Pub. Assn., 1964, p. 306.

Jour 3 Apprendre à vivre dans la sainteté

 

LE MODE DE VIE CHRETIEN ET LE FRUIT DE L’ESPRIT

Je vous présente l’« Association des voleurs de banque adventistes ». Blague à part, une telle association existe-elle ? Question ridicule, n’est-ce pas, parce que certains modes de vie ne peuvent en aucun cas être associés à l’adventisme… Mais alors, comment devrions-nous vivre notre foi ? Cette question mérite certainement une réponse biblique ! Et cependant, les erreurs ne manquent pas. Penchons-nous sur deux d’entre elles. 

UNE FAUSSE COMPRÉHENSION : DEUX ERREURS DOMINANTES 

Certains considèrent qu’un mode de vie chrétien distinct n’a pas vraiment d’importance, car ils refusent de voir le lien entre la croyance et le mode de vie, la doctrine et le comportement. D’autres ne se focalisent que sur les règles et les règlements, enlevant, du coup, Christ du centre de leur expérience religieuse. 

L’apôtre Paul a été confronté à une situation semblable en Galatie. Certains chrétiens croyaient que la liberté en Christ les dispensait de la vie morale (Ga 5.13-6.10). D’autres pensaient qu’ils pouvaient gagner la faveur de Dieu en suivant les règles obsolètes de l’Ancien Testament, notamment la circoncision (Ga 1.1-5.12). 

Paul contesta ces deux positions. À ceux qui croyaient que les œuvres sont sans importance, l’apôtre déclara que le peuple de Dieu sera jugé selon ses actes (Ga 6.7,8). Et à ceux qui pensaient que les œuvres leur confèrent un mérite divin, il attesta que « l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Jésus-Christ » (Ga 2.16). Si un mode de vie chrétien ne s’enracine pas dans l’Évangile, martelait-il, il devient, au mieux, une grâce à bon marché, et au pire, du perfectionnisme. 

Selon Paul, la clé de la vie chrétienne réside dans un engagement radical envers Christ par la présence et la puissance de l’Esprit saint. Dans Galates 5.22, 23, il utilise l’expression « fruit de l’Esprit » en référence aux vertus ou aux traits de caractère produits par le Saint-Esprit. Il énumère ensuite neuf vertus, lesquelles constituent le « fruit de l’Esprit » : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maîtrise de soi » (NBS)1.Toutes ces vertus représentent le caractère du Christ que nous sommes appelés, en tant que disciples, à manifester. 

Comme le terme l’indique, le fruit de l’Esprit n’est pas un produit humain, mais un don de Dieu. Tout comme un pommier ne peut produire de bananes et qu’un porc ne peut voler, il est impossible pour les êtres humains pécheurs de produire des vertus divines par eux-mêmes. Seul Dieu peut produire et exprimer son caractère en nous. 

D’où la question : partageons-nous la vision biblique du mode de vie chrétien ? La vérité, c’est que nous ne pouvons exalter Christ dans nos familles, dans nos églises, et dans nos collectivités que si des vertus telles que « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi » deviennent une partie intégrante de notre caractère et de notre mode de vie chrétien.

UNE BONNE COMPRÉHENSION : TROIS VÉRITÉS VITALES

Maintenant, la question se pose : comment le fruit de l’Esprit peut-il prendre racine dans notre cœur et se manifester dans notre vie quotidienne ? Dans Galates 5.24,25, Paul nous indique trois façons de manifester, en tant que disciples productifs, un mode de vie chrétien authentique.

Premièrement, en tant que disciples productifs, nous manifestons le mode de vie chrétien authentique lorsque nous nous souvenons constamment que nous appartenons à Jésus-Christ (v. 24, NBS). Pour porter du fruit, nous devons nous brancher quotidiennement sur Christ (voir Jean 15.5). En fait, être un chrétien, c’est davantage que croire à certaines doctrines, davantage qu’adhérer à certaines règles ; c’est une transformation radicale du cœur qui conduit à l’obéissance à Dieu par la foi.

Remarquez que Paul met l’amour en tête de liste des vertus, parce qu’il considère cette vertu suprême comme la preuve irréfutable d’un mode de vie chrétien authentique. Ailleurs, il exhorte les Galates : « Soyez par amour serviteurs les uns des autres » (Ga 5.13, S21). Le point, c’est que notre vie quotidienne peut proclamer puissamment l’Évangile. Ellen White l’exprime ainsi : « La vie tranquille et harmonieuse d’un vrai chrétien est bien plus éloquente que les plus beaux discours. Les actes ont une beaucoup plus grande influence que les paroles. […] L’argument le plus puissant en faveur de l’Évangile, c’est un chrétien aimant et aimable2. » Le mode de vie chrétien authentique est christocentrique.

Deuxièmement, en tant que disciples productifs, nous manifestons le mode de vie chrétien authentique lorsque nous crucifions notre « chair avec ses passions et ses désirs » (v. 24). Les chrétiens ne peuvent, en effet, se complaire dans les œuvres de la chair (v. 19-21) tout en prétendant être branchés sur le ciel ! Ils doivent mourir à eux-mêmes. Dietrich Bonhoeffer a écrit : « Lorsque Christ appelle un homme, il lui dit “Viens et meurs.” » En tant que croyants, nous prenons la responsabilité de déraciner toutes les mauvaises herbes qui menacent d’étouffer notre vie spirituelle, afin que le fruit de l’Esprit puisse s’épanouir. En termes pratiques, ceci veut dire que toute habitude, toute pratique, ou tout vice qui nourrit l’ancienne vie de recherche de soi et d’égoïsme doit être mis à mort. Le mode de vie chrétien authentique consiste à renoncer à soi-même.

Troisièmement, en tant que disciples productifs, nous manifestons le mode de vie chrétien authentique lorsque nous « marchons […] selon l’Esprit » (Ga 5.25). Marcher selon l’Esprit, c’est être contrôlé par le Saint-Esprit dans tous les aspects de notre vie – depuis nos pensées et nos émotions les plus intimes jusqu’à nos relations et à nos échanges quotidiens. Ceci implique d’être modelés et dynamisés par la Parole de Dieu, la prière, le culte, la communion fraternelle, et le service. Il est important de nous souvenir que tout mode de vie chrétien non dirigé par l’Esprit est misérablement voué à l’échec. Tandis que nous restons au diapason de l’Esprit, prenons délibérément la décision d’affamer le vieil homme et de cultiver le fruit de l’Esprit.

Munis de la puissance divine, nous ferons alors ce qui est juste. Les valeurs de notre mode de vie chrétien ne ressembleront pas ou ne se conformeront pas à la pratique populaire. Lorsque l’Esprit nous convaincra de nos mauvais choix (dans nos paroles, nos chansons, nos divertissements, etc.), nous chercherons humblement le pardon. À l’opposé, lorsqu’il nous semblera que nous faisons du progrès, nous nous abstiendrons de critiquer et de juger nos compagnons de pèlerinage, lesquels luttent peut-être dans leur marche avec Dieu. Le mode de vie chrétien authentique est dirigé par l’Esprit.

UN PRINCIPE EN PRIME

Mis en pratique chaque jour, le fruit de l’Esprit exalte Christ dans nos pensées, dans nos sentiments, et dans notre comportement. Seule une relation vivante avec Christ peut produire une nouvelle façon d’être et de vivre, laquelle glorifie Dieu et attire les gens à lui. En résumé, c’est ce qui constitue le mode de vie chrétien authentique : être des disciples productifs qui reflètent Christ dans leur caractère et leur conduite. Puissions-nous faire une telle expérience ! 

Questions pour la réflexion

·        Pourquoi est-il important de manifester le fruit de l’Esprit ?

·        En matière de mode de vie, quels changements spécifiques l’Esprit semble-t-il vous exhorter à faire ?

·        À quoi ressemblerait votre vie si vous en donniez le contrôle absolu à l’Esprit de Dieu ?


De Alain Coralie, secrétaire exécutif de la Division Afrique centre-est de la Conférence générale des adventistes du septième jour.

Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.

Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 405

Jour 4 Profitez à fond de la vie !

 

VIVRE LES PRINCIPES SANITAIRES DIVINS

Nous avons été créés pour un monde meilleur. Nous avons été créés pour une vie meilleure. Lorsque Dieu créa ce monde et y plaça l’humanité, il « vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon » (Gn 1.31). Dieu a conçu le monde et la vie qu’il contient pour qu’ils soient parfaitement bons. Il nous a créés pour une vie qui, dans chaque action, chaque pensée, chaque sentiment, refléterait, proclamerait, célébrerait et apprécierait sa bonté. C’était – et c’est encore – l’intention et le désir de Dieu pour notre vie en ce monde. Mais quelque chose a mal tourné.

LA CHUTE

Dans le jardin d’Éden, Adam et Ève choisirent de s’écarter du dessein de Dieu pour la vie. Leurs actes plongèrent leur propre existence et le reste de la création dans une douleur et une souffrance incommensurables. Oh, si seulement ils avaient écouté, si seulement ils avaient été fidèles, tout le mal subséquent aurait été évité ! Ils se confièrent, hélas, en eux-mêmes plutôt qu’en Dieu et écoutèrent le diable. Dès lors, l’histoire de l’humanité a été une histoire d’infidélité envers le dessein divin pour la vie, une histoire de méfiance envers le Créateur, une histoire de douleur, de souffrance, et de mort.

LE SAUVETAGE

Heureusement, Dieu ne nous a pas abandonnés ! Il tente constamment d’atteindre chaque être humain ici-bas. L’intention et le désir de Dieu pour la bonté dans ce monde et dans notre vie sont toujours les mêmes. Mais le diable a pour mission d’attaquer tout ce qui appartient à Dieu – tout ce qu’il a créé, tout ce qui est bon, tout ce qui est vie. Nous vivons au milieu de cette grande controverse entre Christ et Satan, entre le bien et le mal, entre la vie et la mort. Le Christ cherche à sauver, et Satan, lui, à détruire. Nous avons tous été victimes de ses attaques diaboliques. Nous nous sommes tous égarés et avons suivi notre propre voie (Es 53.6). Mais où que Satan aille pour détruire, Dieu est déjà là pour chercher et sauver (Lc 19.10). Dieu ne nous a pas abandonnés, il n’a pas abandonné le monde.

« Moi, je suis venu afin que les brebis aient la vie, et qu’elles soient dans l’abondance », a dit Jésus (Jn 10.10)1. Sa mission était et est de contrer et de vaincre le mal et son auteur, lequel « ne vient que pour dérober, égorger et détruire » (v. 10).

Celui-là seul qui a créé la vie peut prescrire ce qui est bon.

La mission du Christ dans le monde, c’est la vie, et la vie en abondance. La mission du diable, elle, c’est la mort. Dans le mal, il n’y a pas de vie. Il n’y a que la mort. On ne peut avoir la vie qu’en Christ. On ne peut avoir la vie que dans le bien. On ne peut posséder la vie – et la vie en abondance – qu’en étant fidèle au dessein de Dieu pour le monde et la vie qu’il contient.

Dès le commencement, le diable a été « menteur et le père du mensonge » (Jn 8.44). Son tour de force a été de convaincre les hommes et les femmes que ce qu’il offre est meilleur, plus désirable, plus exaltant, plus satisfaisant. Il fait en sorte que ce qui est mauvais, pécheur et mal paraisse bien. Il prétend que ce qu’il nous offre nous rend libres et ajoute à la vie, et que ce que Dieu offre limite et perturbe la vie. C’est là sa tromperie suprême. Mais c’est un mensonge ! La véritable vie, la vraie vie, n’est possible qu’en ce que Dieu a créé, béni, et donné. Seul ce que Dieu donne satisfait nos besoins réels et nos aspirations les plus profondes.

« L’Éternel […] ne refuse aucun bien à ceux qui marchent dans l’intégrité » (Ps 84.12). Dieu est le seul Donateur, Soutien, et Guérisseur de la vie. Celui-là seul qui a créé la vie peut prescrire ce qui est bon. C’est par la Bible qu’il révèle à l’humanité ce qui est bon. Alors que dans un esprit de prière nous lisons et méditons les Écritures, les principes pour la vie dont le Saint-Esprit nous convainc sont la prescription divine pour vous et moi afin que nous ayons la meilleure vie possible en ce monde. De l’histoire de la création à la promesse d’« un nouveau ciel et [d’]une nouvelle terre » (Ap 21.1), « [o]n t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien » (Mi 6.8). Dieu ne nous refuse aucune bonne chose.

Tandis que nous vivons au cœur du conflit qui fait rage entre le bien et le mal, tandis que nous nous souvenons de l’Éden et soupirons après le ciel, il nous faut une guérison et une restauration quotidiennes. Dieu a prescrit comment nous devons vivre. Dans son livre Le ministère de la guérison, Ellen White nous offre une réflexion sur les principes de ce mode de vie. Elle dit : « L’air pur, le soleil, l’abstinence, l’eau, le repos, l’exercice, une alimentation judicieuse, la confiance en Dieu, voilà les vrais remèdes2. » 

Comme ces principes de vie saine sont attaqués, elle avertit : « Tout ce qui contribue à détruire les énergies physiques, mentales et spirituelles est un péché […] [O]n ne peut obtenir la santé qu’en obéissant aux lois établies par Dieu pour le bien des hommes3. » Et elle ajoute : « Il faut expliquer aux hommes que le chemin des commandements de Dieu est aussi celui de la vie. C’est le Seigneur qui a établi les lois de la nature, et celles-ci ne sont pas des exigences arbitraires, car toute défense d’ordre physique ou moral implique une promesse. Si nous y obéissons, nous aurons part à cette dernière. Dieu ne nous oblige jamais à bien faire, mais il cherche à nous délivrer du mal pour nous porter au bien4. »

Alors que les Israélites se tenaient à la frontière de la terre promise, Moïse les mit au défi et les supplia : 

« Vois, je mets aujourd’hui devant toi la vie et le bien, la mort et le mal. Car je te commande aujourd’hui d’aimer l’Éternel, ton Dieu, de marcher dans ses voies et d’observer ses commandements, ses prescriptions et ses ordonnances, afin que tu vives et que tu multiplies […]. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta descendance, pour aimer l’Éternel, ton Dieu, pour obéir à sa voix et pour t’attacher à lui : c’est lui qui est ta vie » (Dt 30.15-20, SER).

Aujourd’hui, nous nous tenons à la frontière d’une autre terre promise. Nous vivons dans les derniers jours de l’histoire de la terre, avant la venue d’« un nouveau ciel et d’une nouvelle terre » (Ap 21.1). Dieu nous lance, maintenant et chaque jour, le défi et l’appel suivants : aimer Dieu, écouter sa voix, marcher dans l’obéissance, et s’attacher à lui. Sachant alors ce qui est bon, nous pourrons choisir la vie. 

Questions pour la réflexion

  • Dans quels secteurs de votre vie sentez-vous que le diable vous attaque le plus ?
  • Qu’est-ce que Dieu vous appelle à changer dans votre mode de vie pour que vous puissiez jouir d’une plus grande plénitude de la vie ?
  • Tandis que vous vous engagez à faire des changements dans votre vie, comment pouvez-vous chercher la puissance divine et obtenir le soutien de vos semblables?

De Torben Bergland, M.D., directeur adjoint de Adventist Health Ministries de la Conférence générale des adventistes du septième jour.

  • Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910.
  • Ellen G. White, Le ministère de la guérison, p. 102.
  • Ibid., p. 88.
  • Ibid., p. 89.

Jour 5 Christ, l’incomparable

 

NOTRE MODELE DU MODE DE VIE CHRETIEN

L’apôtre Jean, alors qu’il était avancé en âge, a écrit : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ1. » (1 Jn 1.3) Et il a ajouté : « Celui qui dit qu’il demeure en lui doit marcher aussi comme il a marché lui-même. » (1 Jn 2.6) Ainsi, selon Jean, les chrétiens sont ceux qui demeurent en Christ ou sont unis à lui. La vie chrétienne consiste à marcher quotidiennement avec le Seigneur. 

Pour demeurer en Jésus, les croyants sont appelés à vivre comme Christ a vécu. Pour Jean, le processus de demeurer en Christ consiste à communier avec le Père, le Fils, le Saint-Esprit, et avec les croyants. La vie chrétienne est fondée sur une réalité commune – la mort sacrificielle de Jésus. Mais le christianisme, lui, est démontré dans notre façon de vivre pour Dieu et pour les autres. 

La vie de Jésus était caractérisée par une puissance transformatrice. Nous avons accès à cette puissance en écoutant ce qu’il a dit (« ce que nous avons entendu »), et en faisant ce qu’il a fait (« ce que nous avons vu ») – en d’autres termes, en nous modelant à la fois selon son discours et ses actes. Jésus est l’exemple ultime et suprême de la façon dont les chrétiens doivent vivre – à savoir, marcher comme il a marché. 

JÉSUS CHERCHAIT À TRANSFORMER LES GENS 

Jésus est venu ici-bas pour changer radicalement la vie de ceux qui l’entendaient et le voyaient. Il les a invités à devenir ses disciples. Or, le discipulat ne consiste pas simplement à mémoriser les enseignements du Seigneur, mais plutôt à laisser la puissance de ses enseignements générer en nous une vie nouvelle (voir Jn 3.1-8). Jésus – source cosmique de la puissance de Dieu – a fait des disciples en triomphant de l’œuvre du diable dans le cœur humain. Il a appelé les gens à le suivre. 

Un jour, dans le cadre d’une recherche, un scientifique dut se rendre dans la jungle. Comme il n’y avait ni route ni sentier dans la jungle épaisse, il prit avec lui un guide du coin. Après avoir marché un certain temps, il dit à son guide : « Mais je ne vois aucun chemin ! Comment fais-tu pour savoir que nous allons dans la bonne direction ? » 

« Je suis le chemin, répondit le guide. Tu n’as qu’à me suivre. » 

Grâce à Dieu, nous suivons quelqu’un qui connaît le chemin ! En voyant l’humanité désorientée, perdue, Jésus a dit : « Je suis le chemin, suivez-moi ! » (Voir Jn 14.6). Et alors que nous le suivons, il s’attend à ce que nous vivions comme il a vécu (1 Jn 2.6). 

LES PAROLES DE JÉSUS 

Il va sans dire que Jésus a établi le standard de la vie chrétienne. Sa Parole se faisait entendre dans les rues de la ville, dans le parvis du temple, au bord de la mer, au cours de ses voyages, révélant les valeurs et les principes du royaume de Dieu. Ainsi, à travers lui, la voix de Dieu se faisait de nouveau entendre sur la planète déchue, instruisant l’humanité et donnant une nouvelle signification à ce que le peuple d’Israël entendait dans l’Ancien Testament.

Par le sermon sur la montagne, Jésus a donné une description du mode de vie de ceux qui le suivent et qui désirent manifester au monde leur identité chrétienne.

Dans ce sermon, Jésus a condamné le meurtre, en particulier lorsqu’il résulte d’une parole de colère (Mt 5.21,22). Il a souligné l’importance de vivre en paix avec les autres (v. 23,24). Il a affirmé que l’adultère ne se produit pas seulement par l’acte lui-même, mais aussi dans l’esprit de ceux qui entretiennent des pensées lascives. Pour les contemporains de Jésus (v. 27-30), les défis que pose Internet aujourd’hui étaient inimaginables. Jésus a réaffirmé le mariage et a rappelé à ses auditeurs que le divorce a son propre lot de complications (v. 31,32).

Jésus a parlé de la justice ; il a montré combien la générosité est préférable aux représailles (v. 38-40) ; il a aussi montré en quoi l’amour – même pour nos ennemis – est l’une des caractéristiques de la spiritualité authentique et le reflet le plus clair du caractère de Dieu.

Jésus nous a exhortés à prendre soin des nécessiteux plutôt qu’à nourrir notre égoïsme (Mt 6.1-4). Il a rappelé à ses disciples que le vrai trésor est conservé dans le ciel (v. 19-24), et que la qualité de notre vie spirituelle ne consiste pas en biens matériels. Si nous cherchons le Seigneur et son royaume, nos besoins spirituels, émotionnels, et matériels les plus essentiels seront satisfaits (Mat 6.25-34). 

À cette époque de dépression et d’anxiété, accrochons-nous à l’amour de Dieu pour nous et soyons assurés qu’il peut satisfaire nos besoins les plus profonds. Lorsque nous sommes tentés de juger les autres sur la base de leurs imperfections, Jésus nous demande de nous arrêter et de reconnaître que notre tâche première consiste à remédier à nos propres imperfections (Mt 7.1-5).

Les enseignements de Jésus sont conçus pour donner un sens à notre vie, pour la rendre agréable et efficace dans le service envers autrui. L’amour est au cœur même des valeurs du royaume de Dieu. L’amour pour lui n’est pas seulement un autre commandement, mais aussi ce qui cimente notre vie spirituelle. L’amour pour Dieu forme la base de notre conformité à la loi (voir 1 Co 13). L’amour les uns pour les autres s’exprime non seulement envers ceux que nous aimons, mais aussi envers nos ennemis.

Malheureusement, il nous est souvent difficile d’aimer nos semblables. Il semble que les églises mêmes deviennent parfois des lieux de conflit et de tension – ce qui nuit à l’unité et à l’identité christocentrique. L’apôtre Jean devait être conscient de cela, parce qu’il a écrit : « Car ce qui vous a été annoncé et ce que vous avez entendu dès le commencement, c’est que nous devons nous aimer les uns les autres » (1 Jn 3.11).

LES ACTIONS DE JÉSUS

Selon la Bible, le caractère et l’identité se manifestent par nos actes. L’identité de Jésus n’était ni cachée, ni inaccessible. Il s’est fait homme pour révéler son identité divine par ses actes.

Lorsque Jean-Baptiste se retrouva en prison, il envoya des messagers demander à Jésus s’il était vraiment le Messie. Jésus se révéla lui-même aux disciples de Jean-Baptiste non seulement par ce qu’ils entendaient de lui, mais particulièrement par ce qu’il faisait (Mt 11.1-6).

Ce sont les actions d’un individu qui révèlent son caractère. Jésus mangeait avec les collecteurs d’impôts et les pécheurs, manifestant ainsi une compassion toute divine (Mt 9.11-13). Il vivait une vie de soumission totale à la volonté de son Père (Jn 5.19) et renforçait cette relation en communiant avec lui par la prière et par sa connaissance des Écritures. Il gardait le sabbat (Lc 4.16), aimait ses ennemis et priait pour eux (Mt 26.51-53 ; Lc 23.34). Il vainquit le mal lors de la tentation dans le désert (Mt 4.1-6), en délivrant ceux qui étaient dominés par des démons, et en guérissant les malades (Mc 1.32-34). 

En voyant Jésus opérer des miracles, dont la guérison de deux hommes aveugles, les gens reconnurent qu’il plaçait sa puissance incomparable au service des autres (Jn 9.33). Chaque acte de Christ reflétait son identité, décrivant ainsi le mode de vie de ceux qui le suivraient et constitueraient son Église. Sa vie tout entière fut une manifestation de l’amour infini de Dieu pour ses créatures. Sa crucifixion sur la croix pour ôter notre péché est l’ultime démonstration de l’amour de Dieu pour l’humanité (Jn 3.14-16 ; 1 Jn 4.7-10). 

JE SUIS UN CHRÉTIEN 

Jésus est venu pour révéler qui il était par ses paroles et par ses actes. Mais c’est particulièrement par son comportement et sa conduite que les gens l’ont reconnu en tant que Fils de Dieu. 

Un jour, alors que je visitais un pays dans lequel musulmans et chrétiens cohabitent, j’ai pris un taxi pour me rendre à une réunion. Au cours de la journée, j’ai demandé au chauffeur de me parler de sa vie religieuse. Il m’a répondu, dans un large sourire, « Je suis musulman ». Je lui ai parlé de quelques-uns de mes amis musulmans, et lui ai mentionné à quel point ils sont dévoués à Allah. 

Il m’a posé à son tour des questions sur ma religion, et je lui ai répondu que j’étais un chrétien adventiste du septième jour. Il a ri de joie et a pratiquement crié : « Il y a beaucoup d’adventistes dans mon village, et ils sont de meilleurs musulmans que moi ! Ils se rendent à leur mosquée plusieurs fois par semaine et passent les samedis à rendre un culte à Dieu et à faire de bonnes œuvres. Ce sont des gens pieux qui prient plus de trois fois par jour. Et en plus, ils ne mangent pas de porc et ne boivent pas d’alcool ! » 

Les gens nous connaissent d’abord par notre façon de vivre (par nos actes), puis par ce que nous enseignons. La religion de Jésus n’est pas simplement un ensemble d’affirmations intellectuelles ou un système de théologie, mais d’abord et avant tout une vérité vivante qui prend possession de la personne tout entière. C’est une vérité qui transforme, une vérité qui modifie radicalement notre façon de penser, de parler, et d’agir. 

Ellen White a écrit : « Le Christ est notre modèle, l’exemple parfait et saint que nous devons suivre. Jamais nous ne l’égalerons, mais nous pouvons lui ressembler dans la mesure de nos possibilités2. » 

Ce type de religion, que nos semblables voient à travers nos actions, permet à ceux-ci d’entendre et de découvrir la vérité. Il consiste à marcher comme Christ a marché. 


Questions pour la réflexion 

·        Pourquoi la Bible présente-t-elle Christ comme notre exemple ? 

·        Pourquoi devons-nous aligner notre vie sur celle de Jésus ? Pour être parfaits ? Pour être acceptés de Dieu ? Pour servir les autres ? Ou une combinaison des trois ? 

·        Selon vous, est-il approprié, dans certaines circonstances, de cacher notre identité adventiste ? 


 

De Ángel Manuel Rodríguez, anciennement directeur de l’Institut de recherche biblique de la Conférence générale de 2001 à 2011. 

Sauf mention contraire, toutes les citations des Écritures sont tirées de la version Louis Segond 1910. 

Ellen G. White, Vous recevrez une puissance, p. 369.

Jour 6 Des rencontres qui transforment la vie

 

 

LE MODE DE VIE CHRETIEN ET LES MEDIAS

Qui es-tu, mon fils ? » (Gn 27.18) 

Jacob a-t-il prévu qu’Isaac, son père, lui poserait une telle question ? Peut-être qu’il espère – et prie même pour – que cette rencontre soit avare de paroles, que son père savoure en silence le mets servi, et qu’il le bénira. Il ne lui restera alors qu’à sortir de la tente – un plan simple, sans complications. Mais voilà, confronté à la question d’Isaac, il lui faut bien répondre ! 

S’il dit « Je suis Jacob, ton fils », il sera honnête, mais en même temps, Isaac découvrira le pot aux roses. Qu’arrivera-t-il alors à la bénédiction souhaitée ? Tournera-t-elle en malédiction ? Coincé, Jacob décide de mentir : « Je suis Ésaü, ton fils aîné » (v. 19). Il prétend être son frère pour recevoir la bénédiction. Pas vraiment convaincu, Isaac y va de nouvelles tentatives pour découvrir l’identité de celui qui le sert. Finalement, Jacob réussit à passer pour Ésaü et Isaac le bénit. 

ÊTRE AUTHENTIQUE 

Il y a quelques années, j’ai discuté de l’utilisation des médias dans l’évangélisation avec un dirigeant de l’Église – lequel avait travaillé une vingtaine d’années dans le ministère des médias. Au milieu de notre conversation, il m’a dit : « Dans l’évangélisation publique, nous, les adventistes, avons toujours été des pionniers dans l’utilisation des médias les plus modernes. Dans les années 1990, nous nous sommes tournés vers l’évangélisation par satellite pour partager le message des trois anges avec un public plus large encore. Quelques années plus tard, nous avons lancé nos propres chaînes de télévision. Bientôt, nous exploiterons le plus grand réseau de télévision chrétienne au monde ! 

« Ainsi, en utilisant différents types de médias, nous avons atteint – et continuons d’atteindre – des millions de personnes dans le monde entier avec la bonne nouvelle d’un Dieu d’amour. Quelle immense bénédiction ! » Après une pause, il a repris : « Tu sais, je me demande parfois si nous avons tendance à diffuser un “monde de la foi” magnifique, parfait, un monde qui ne correspond en rien à ce que nous sommes dans la vie de tous les jours. » Après une seconde pause, il a ajouté : « Sur quoi nous concentrons-nous principalement ? Sur l’étalage de ce que nous devons croire, et sur la façon dont nous devons exercer notre foi ? Se pourrait-il que se faisant, nous préférions passer à côté de nos défauts, de nos besoins, et de nos échecs ? Nous avons du mal à admettre à nous-mêmes et aux autres que nous ne sommes pas aussi bons que nous le souhaiterions, et que nous ne sommes pas animés de la “foi idéale” comme nos émissions l’exigent. » 

De telles questions réclament une réponse personnelle. Personne ne peut répondre pour quelqu’un d’autre. Cependant, beaucoup parmi nous sont confrontés à une dynamique similaire dans le partage de leur foi. En tant que communauté de foi, nous voulons amener le plus grand nombre de personnes possible à connaître Dieu. Avec cet objectif en tête, il est tentant de nous concentrer sur la démonstration de l’idéal et non de la réalité. Pourquoi ? 

Premièrement, parce que chacun souhaite atteindre et vivre l’idéal. Deuxièmement, parce que la communication de cet idéal semble avoir un plus grand impact1. Les histoires d’échecs et de ratés ne sont pas aussi convaincantes que les histoires de réussites, n’est-ce pas ? Troisièmement, parce que le partage de la foi comprend l’enseignement de la loi de Dieu, des vérités universelles, ainsi que des principes indépendants de la culture, de l’époque, et des autres êtres humains2. Quatrièmement, parce que tout ça concerne Dieu – sa bonté, sa miséricorde, son plan de salut pour l’humanité – et pas nous. Enfin, parce que nous ne voulons pas que les gens perdent leur confiance en Dieu et abandonnent la foi à cause de nos imperfections. Ce sont là des raisons aussi bonnes que compréhensibles de diffuser une foi idéale et une vie parfaite. 

En même temps, notre inquiétude, voire notre crainte, que les gens puissent se détourner de Dieu lorsqu’ils voient nos imperfections peut nous amener à cacher les côtés moins reluisants de nous-mêmes, bref, à nous montrer meilleurs que nous ne le sommes vraiment… Nous pouvons devenir plus soucieux d’être vus sous un jour positif que de savoir quel genre de personnes nous sommes réellement. Le partage de la foi devient davantage une question d’apparence que d’état et de caractère, davantage une question de perception que de partage honnête et de vraies rencontres. L’évangélisation par les médias nous permet de transformer l’expérience religieuse en un idéal de perfection encore plus facile à projeter que lors de rencontres personnelles, car les médias (télévision, radio, médias sociaux, etc.) s’interposent entre les gens. Nous pouvons maintenir une certaine distance entre une expérience spirituelle qui paraît attrayante sous les feux de la rampe et l’expérience authentique de la foi manifestée en plein jour.

Nous vivons dans les terres sacro-saintes du selfie soigneusement construit, bien agencé et bien décoré. 

L’HEURE DE VÉRITÉ

Il semble qu’en tant que communauté de foi, notre crainte du rejet soit au centre de tout ça – tant individuellement que collectivement. Par conséquent, se focaliser sur la perfection de Dieu, sur la loi et les vérités universelles de Dieu, ainsi que sur les croyances et les principes peut constituer une distraction commode ou même une excuse pour ne pas affronter, accepter et partager nos propres imperfections. Le but du partage de la foi, cependant, n’est pas de convaincre les autres que le messager est bon et digne, mais plutôt que Dieu est bon, bienveillant, et miséricordieux. En lui nous trouvons acceptation, pardon, et vie.

Alors que Jacob chemine vers l’orient, Dieu se révèle à lui comme Sauveur et le bénit – pas à cause de ce que Jacob est, mais en dépit de ce qu’il est. Jacob désire la bénédiction mais ne la mérite pas ; il la reçoit à cause de qui Dieu est (Gn 28.10-12).

Ces considérations ne concernent pas seulement les professionnels du ministère des médias. Dans l’« univers des médias sociaux », au cœur d’un bombardement constant de paroles, images et clips, des milliards de personnes dans le monde entier se retrouvent tiraillées entre leur moi authentique et leur moi médiatisé. Nous vivons dans les terres sacro-saintes du selfie soigneusement construit, bien agencé et bien décoré. Pourtant, la question fondamentale « Qui suis-je » est pour beaucoup d’entre nous une question existentielle urgente – une question à laquelle nous devons répondre. La somme de ce que nous partageons avec le monde entier sur les différentes plateformes de médias sociaux reflète-t-elle en fin de compte un moi faux, irréel, peaufiné, et exagéré ? Ou bien permettons-nous aux gens d’avoir une vision plus précise et plus réaliste des personnes que nous sommes ? 

Vingt ans plus tard, Jacob décide de rentrer chez lui. Dévoré par la crainte et l’angoisse, il se prépare à rencontrer son frère Ésaü. Au cours de la nuit, un corps à corps inattendu s’engage entre lui et un individu qui n’est pas un être humain. Au plus fort de la lutte, Jacob s’écrie : « Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. » Tant d’années se sont écoulées, et cependant, il n’a toujours pas l’assurance de cette bénédiction !

« Quel est ton nom ? » répond l’étranger. Jacob est surpris, pour ne pas dire bouleversé, d’être confronté par son adversaire à la question même que son père lui avait posée 20 ans auparavant… « Qui es-tu ? » Jacob se fera-t-il de nouveau passer pour un autre afin de recevoir la bénédiction ? Ou sera-t-il honnête cette fois, peu importe les conséquences ?

« Jacob », répond-il. Il a finalement le courage d’être lui-même – Jacob, celui qui agrippe le talon, celui qui triche.

La foi est toujours personnelle, relationnelle, et exprimée dans notre vie. La foi englobe tout notre être. Le partage de la foi et de la vie d’une manière globale implique le partage du bon et du mauvais, de nos succès et de nos échecs, de nos luttes et de nos défis, de notre amour et de notre contrition. La Bible ne craint pas la vulnérabilité. Les auteurs des Écritures ont partagé ouvertement et de manière transparente « toute » l’histoire, et pas seulement les épisodes reluisants.

Lors de cette rencontre inattendue avec Dieu, Jacob dut se confronter à lui-même. Il décida d’admettre qui il était. Oserons-nous emprunter ce chemin, nous rendre vulnérables pour que les autres puissent nous voir ? L’amour, la bonté et la grâce de Dieu ont créé un espace sûr et rédempteur pour Jacob. Dieu est fidèle. Cet espace, il nous l’offre aussi. 


Questions pour la réflexion

·        Pourquoi est-il aussi difficile d’être authentique et de montrer qui nous sommes vraiment ?

·        Quelle est la relation entre la consommation de médias et la présentation des médias ?

·        Comment pouvons-nous aider la prochaine génération d’adventistes à entretenir une relation saine avec les médias ?


De Klaus Popa, directeur général de Stimme der Hoffnung – le Centre européen des médias de l’Église adventiste. Il habite à Alsbach Hähnlein, en Allemagne.

  • Les experts en marketing et en publicité prouvent chaque jour que des sourires parfaits, des corps parfaits, des plages parfaites et des couchers de soleil parfaits font tout vendre : dentifrices, boissons gazeuses, voitures, et bien plus encore !
  • L’apôtre Paul a déclaré : « La loi donc est sainte, et le commandement est saint, juste et bon. » (Rm 7.12)

 

Jour 7 Il a fait toutes choses belles

 

 

SEXUALITE ET MODE DE VIE CHRETIEN

Monica1 a été élevée dans un foyer adventiste du septième jour. Du coup, le mode de vie chrétien lui est tout naturel. 

Un jour, elle rencontre Mark, un camarade de classe, dans un lycée adventiste. Monica et Mark passent du temps ensemble, souvent seuls, et une chose en entraînant une autre, ils se retrouvent finalement dans une relation sexuelle intime et consensuelle. Monica n’est pas sûre de la façon dont ça s’est passé – mais c’est quand même arrivé. 

Sachant ce que la Bible dit des relations sexuelles en dehors du mariage, elle tente souvent de faire taire sa conscience : Comment une chose si bonne peut-elle être si mauvaise ? 

Mark et Monica ne sont pas un cas isolé. Selon le Centre national des statistiques sur la santé (dont le siège est aux États-Unis), aux États-Unis, 88,8 pour cent des femmes âgées de 15 à 44 ans, et 89,9 pour cent des hommes âgés de 20 à 44 ans ont déclaré avoir eu des rapports sexuels avant le mariage2 – l’âge moyen de la première expérience sexuelle étant de 17,3 ans chez les femmes, et de 17,0 ans chez les hommes3

Évidemment, les relations sexuelles avant le mariage ne sont qu’une des nombreuses interdictions des Écritures en matière de sexualité. Néanmoins, beaucoup se demandent comment une chose peut être mauvaise quand elle semble si bonne… Quel est le lien entre la sexualité et le mode de vie chrétien ? 

CE QUE LA BIBLE EN DIT 

En matière de rôles et de relations saines, la Bible – dans laquelle les références au sexe et à la sexualité abondent – nous sert de guide. Ses cinq premiers livres « règlent l’activité sexuelle et établissent les rôles sexuels. La littérature prophétique des Écritures utilise des métaphores sexuelles dans son annonce du jugement de Dieu sur l’infidélité à l’alliance. La littérature sapientiale distingue la conduite sexuelle sage de la folie et utilise l’imagerie sexuelle pour caractériser la sagesse. Les Évangiles se servent des paroles et des actes de Jésus pour façonner la conduite et les dispositions sexuelles de ses disciples. Les épîtres traitent de questions concrètes de conduite sexuelle. Enfin, l’Apocalypse contient une imagerie et une instruction sexuelles4. » 

Ayant de telles références inspirées à portée de main, nous faisons bien d’étudier leur enseignement, de tenir compte de leurs avertissements, et de réclamer leurs bénédictions divines. 

Au commencement, Dieu créa les êtres humains avec des identités sexuelles distinctes : « Il créa l’homme et la femme » (Gn 1.27). Adam fut créé à partir de la poussière de la terre, et Ève à partir de la côte d’Adam, révélant ainsi la proximité que le couple devait partager. 

« “Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! s’exclama Adam. On l’appellera femme, parce qu’elle a été prise de l’homme. C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair.” L’homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n’en avaient point honte. » (Gn 2.23-25) 

Être « une seule chair » englobe la fusion du coeur, de l’esprit et de l’âme de deux individus distincts. Cela comprend l’unité physique, mentale, émotionnelle et spirituelle, conformément à la nature globale de notre identité en tant qu’êtres humains. 

Jésus affirme que le mariage doit être l’union inséparable d’un homme et d’une femme (Mt 19.4-6). Cette union est destinée à procurer joie, plaisir, et plénitude physique. Tout en parlant des joies de l’intimité conjugale, la Bible précise également les « expressions erronées de la sexualité et leur impact négatif sur les individus et la société. Elle nous met en garde contre les comportements sexuels destructeurs tels que la fornication, l’adultère, les intimités homosexuelles, l’inceste, et la polygamie5. » Puisque ces comportements renversent le beau dessein divin pour la sexualité humaine, Dieu nous avertit de ne pas nous y livrer (1 Th 4.3-5 ; Rm 1.26,27 ; 1 Co 6.9-11).

LA SEXUALITE EST UNE PARTIE INTEGRANTE DE NOTRE IDENTITE

UNE IDENTITÉ DONNÉE PAR DIEU

La sexualité est une partie intégrante de notre identité. Elle était fondamentale « pour l’identité personnelle et la vie communautaire à l’époque biblique, comme elle l’est encore aujourd’hui »6. Le sens de notre identité est fondamental quant à notre façon de nous comporter avec les autres et avec le monde qui nous entoure. Les Écritures révèlent clairement qui nous sommes et comment nous devons vivre.

Dans le jardin d’Éden, Dieu a donné à ses enfants deux caractéristiques identitaires :

1)     Le sabbat, qui nous rappelle qu’il est notre créateur et Seigneur ;

2)     Notre identité – il nous a créés mâle ou femelle, à son image. Ces deux marqueurs d’identité constitueront toujours le fondement de l’identité humaine.

Dans son article intitulé « La sexualité : quelque chose de sacré », voici ce que David Thomas souligne : « La sexualité fait partie de la zone intrinsèque dans laquelle nous tenons les choses sacrées. Par conséquent, si on ne la respecte pas, si on la traite de façon banale, on se sentira diminué et lésé. L’usage inapproprié de la sexualité ou l’atteinte à celle-ci par quelqu’un d’autre devient à la fois offensant et préjudiciable, parce que le sanctuaire intérieur de la vie a été piétiné7. »

DES EFFETS DURABLES

C’est ce qui est arrivé à Mark et à Monica. Au cours de leur histoire d’amour passionnée, un élan d’excitation et de plaisir sensuel a accompagné leur liaison amoureuse illicite. Mais plus tard, tenaillés par un sentiment de culpabilité, rongés de remords, de chagrin et de peine, ils sont allés chacun de son côté. Les cicatrices qui restaient ont affecté leur être intérieur, endommageant leur perception de soi et leurs relations avec les autres. Ce n’est que lorsqu’ils se sont repentis et sont revenus à Dieu qu’ils ont trouvé la guérison. 

L’histoire de David et Bath-Schéba est un exemple biblique classique d’infidélité sexuelle (2 Sam 11). Dieu avait béni David abondamment, de sorte que le royaume de celui-ci s’était renforcé. Malheureusement, la luxure, l’adultère, et le meurtre plongèrent David dans un abîme de douleur dont il ne se remit jamais complètement, même s’il s’était profondément repenti et avait reçu le pardon de Dieu (Ps. 51 ; 32).

L’expérience de Joseph offre un contraste frappant avec celle de David. Confronté à une tentation presque irrésistible, Joseph s’écria : « Comment ferais-je un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » (Gn 39.9) L’intégrité de Joseph, sa conscience nette, et sa confiance en Dieu l’ont aidé à traverser les jours sombres et à se diriger vers la lumière de l’exonération, de l’honneur, et de la réconciliation.

SUIVRE LE PLAN DE DIEU

Dieu n’a jamais voulu que nous subissions les nombreuses conséquences négatives des relations sexuelles illicites et contre nature. Il nous prévient : même les pensées impures sont nuisibles (Mt 5.28), tout comme la pornographie dans toutes ses formes (voir Ps 101.3).

« Fuyez l’impudicité, nous dit Paul. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est hors du corps ; mais celui qui se livre à l’impudicité pèche contre son propre corps. » (1 Co 6.18)

C’est pourquoi Dieu, dans son amour et sa sollicitude pour nous, nous a indiqué la meilleure façon de vivre, et nous a donné des instructions claires à l’égard de ce domaine, lequel est le plus intime et le plus privé de notre vie. En suivant son plan, nous deviendrons réceptifs à tous les délices qu’il aspire tant à nous offrir. Pour ceux qui sont mariés, cela inclut les joies de l’intimité sexuelle. Mais que nous soyons célibataires ou mariés, nous obtenons la satisfaction et la sécurité de savoir que nous sommes créés à l’image de Dieu, que le Créateur a un plan merveilleux et satisfaisant pour notre vie, et qu’il comblera nos désirs les plus profonds.


Questions pour la réflexion

  • En quoi l’identité personnelle et la sexualité sont-elles reliées ?
  • Quels sont les desseins de Dieu pour la sexualité humaine ?

De Gina Wahlen, rédactrice en chef et directrice de projet du département présidentiel de la Conférence générale à Silver Spring, au Maryland (États-Unis).

  • Noms fictifs.
  • Enquête nationale sur la croissance des familles, National Center for Health Statistics, www.cdc.gov/nchs/nsfg/key_statistics/p.htm.
  • Ibid. ; www.cdc.gov/nchs/nsfg/key_statistics/s.htm#sexualactivity.
  • Barry L. Bandstra et Allen D. Verhey, « Sex, Sexuality », International Standard Bible Encyclopedia, éd. Geoffrey W. Bromiley, édition revue et révisée, Grand Rapids, Eerdmans, 1988, vol. 4, p. 429.
  • « Guidelines for the Seventh-day Adventist Church in Responding to Changing Cultural Attitudes Regarding Homosexual and Other Alternative Sexual Practices », document voté le 17 avril 2014, https://tinyurl.com/https-www-adventist-org-arti.
  • Bandstra et Verhey.
  • David E. Thomas, « Sexuality as Something Sacred », Adventist Review, 20 juin 2013, p. 26.

Auteur :Eglise Adventiste du 7ème jour de Paris Sud