Un sevrage tabagique définitif est il possible ?

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Le tabac est une drogue parce qu’il agit sur le cerveau (on dit qu’il s’agit d’une substance psycho active) et qu’il peut induire une dépendance : le fumeur commence à fumer pour des raisons personnelles et /ou sociales, puis il continue par dépendance. A noter qu’il s’agit d’une drogue presque aussi puissante que la cocaïne et l’héroïne, et beaucoup plus puissante que l’alcool ou le cannabis.

Les fumeurs sont confrontés à trois types de dépendances :

  • La dépendance environnementale (ou comportementale) due à la pression sociale et conviviale.
  • La dépendance physique, survient en général environ après deux ans de tabagisme chez 50% des fumeurs et se traduit en cas de quantité insuffisante de nicotine dans le sang par une sensation de manque, une envie irrésistible  de reprendre une cigarette, de la nervosité et de l’irritabilité qui explique la plus part des échecs de sevrage à court terme.
  • La dépendance psychique,  liée aux effets psycho-actifs de la nicotine et probablement à certains autres contenus dans la fumée de tabac.

La nicotine, libérée dans le sang par l’inhalation de la fumée, se fixe sur les récepteurs nicotiniques au niveau du cerveau. Par ses  propriétés anxiolytiques, antidépressives, anorexigènes, elle produit une sensation de plaisir et une stimulation intellectuelle.

En effet, fumer régulièrement (même une très petite quantité par jour) produit une multiplication des récepteurs nicotinique et baissent leur sensibilité à la nicotine.

A l’arrêt brutal du tabac, tous ces récepteurs « crient famine » et produisent cet état de manque irrésistible. Le but du sevrage est de baisser cette quantité de récepteurs nicotinique qui vont « se fermer » car non stimulés.

Cette baisse doit être progressive pour que le nombre de récepteurs privés de nicotine soit assez faible et ne pas créer l’état de manque, c’est donc par paliers successifs de doses substitutives de nicotine (patchs par exemple) qu’on diminue petit à petit le nombre de ces récepteurs et donc la dépendance.

En conclusion, gardons en tête  que les fumeurs ne sont pas coupables,  ils sont réellement victimes d’une  dépendance (la nicotine est bien une drogue légale), à laquelle on peut toutefois remédier.

Retenons aussi qu’il y aura toujours un bénéfice à arrêter de fumer, et que le succès d’un sevrage est surtout le résultat d’une bonne coopération entre professionnels (tabacologues, autres médecins ou psychologues) et patients souhaitant arrêter.

A noter aussi l’arrivée sur le marché de nouveaux médicaments spectaculaires dans le sevrage tabagique, qui aide rapidement même les plus gros fumeurs à ne plus avoir envie de fumer, comme le  Champix (commercialisé depuis février 2007).

Bibliographie :

  • Le tabac de Yves Martinet
  • Travailler sans tabac : le guide de A. Brohadam

Auteur :Eglise Adventiste du 7ème Jour de Paris-Sud