Un statut social élevé, gage d’une confiance justifiée ?

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STATUT

« Il y avait une petite ville, avec peu d’hommes dans son sein; un roi puissant marcha sur elle, l’investit, et éleva contre elle de grands forts. Il s’y trouvait un homme pauvre et sage, qui sauva la ville par sa sagesse. Et personne ne s’est souvenu de cet homme pauvre.Et j’ai dit: La sagesse vaut mieux que la force. Cependant la sagesse du pauvre est méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées.« 

Ecclésiaste 9 : 14-16

Lorsque certains individus sont convaincus d’être légitimement plus importants que d’autres membres d’une communauté, il ne leur est pas simple de reconnaître la valeur de ces derniers. Ainsi, malgré sa sagesse incontestable, personne ne s’est souvenu de cet homme pauvre parce qu’il n’occupait pas un rang social élevé. Il faisait plutôt partie de ces laissés-pour-compte que la société regarde habituellement de haut, comme s’il était inconcevable qu’ils puissent posséder des aptitudes remarquables.

D’ailleurs, malgré sa réputation, Jésus lui-même n’avait pu à son époque, trouver grâce aux yeux de sa patrie. En effet, sa famille ne faisait pas partie des notables: « N’est-ce pas le fils du charpentier? n’est-ce pas Marie qui est sa mère? Jacques, Joseph, Simon et Jude, ne sont-ils pas ses frères? et ses soeurs ne sont-elles pas toutes parmi nous? D’où lui viennent donc toutes ces choses? Et il était pour eux une occasion de chute. Mais Jésus leur dit: Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et dans sa maison. » (Matthieu 13:53-57)

Jésus n’a pas pu accomplir grand-chose pour les siens parce que leur incrédulité l’en a empêché. Ils ne pouvaient se résoudre à croire en lui et à cause de leur attitude, « Il ne put faire là aucun miracle, si ce n’est qu’il imposa les mains à quelques malades et les guérit » (Marc 6:5). De la même façon, les projets des plus démunis se trouvent souvent entravés dès le départ par la méfiance de la société à leur égard. Beaucoup d’entre eux se résignent alors à leur sort et préfèrent rester dans leur coin.

Les pauvres sont d’autant plus désarmés et vulnérables dans un système où leur apparence impacte de manière négative la considération et le respect des autres envers eux. Il ne leur est pas fait de cadeau, contrairement au notable qui n’a jamais à démontrer la qualité, ou l’excellence, de sa personne et à qui tout semble dû: la légitimité pour se voir ouvrir toutes les portes et d’occuper des fonctions importantes.

Souvenons-nous de l’expérience de Samuel. Lorsque Dieu l’a envoyé oindre un des fils d’Isaï comme roi d’Israël, le prophète se dit en voyant Éliab: « Certainement, l’oint de l’Éternel est ici devant lui. Et l’Éternel dit à Samuel: Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l’ai rejeté. L’Éternel ne considère pas ce que l’homme considère; l’homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l’Éternel regarde au coeur.«  (1Samuel 16:6-8)

Éliab avait certainement l’apparence d’un chef et Samuel a été impressionné par sa prestance, comme le serait la plupart d’entre nous.

Nous nous arrêtons trop souvent aux seules apparences et aux préjugés. Il semble si naturel à la plupart des gens de toujours solliciter en priorité ceux qui sont déjà sur le devant de la scène, sans même se préoccuper des aptitudes des autres. Or, parmi ces catégories de personnes méprisées par la société, il existe des hommes et des femmes de valeur. Malheureusement, leur condition sociale défavorisée semble leur conférer une marque de manque d’instruction et de sagesse aux yeux de beaucoup.

Aujourd’hui, dans nos communautés chrétiennes, qu’est-ce qui fonde notre estime de l’autre? Les valeurs du monde sont-elles en voie de s’imposer dans l’Église? Faut-il devenir riche ou connu pour mériter la considération des autres, si tant est que nous en avons encore besoin?

« Et maintenant, est-ce la faveur des hommes que je désire, ou celle de Dieu? Est-ce que je cherche à plaire aux hommes? Si je plaisais encore aux hommes, je ne serais pas serviteur de Christ. » (Galates 1:10)

N’oublions pas que chaque personne de notre communauté peut apporter sa pierre à l’ensemble selon la sagesse que Dieu lui donne. Nul ne devrait baisser les bras à cause du sentiment de supériorité des autres. Pensons à David qui ne s’en est pas laissé compter devant Goliath, le géant philistin.

David était fier d’être un enfant de Dieu. Il était conscient de sa valeur aux yeux de son créateur et il savait que même en étant un simple berger, il pouvait tout accomplir avec Dieu.

Le monde a ses valeurs mais nul n’est condamné à s’y conformer. Notre valeur n’est pas déterminée par ce que les autres s’attendent à voir en nous ou s’obstinent à voir en nous. Ce que nous pouvons apporter à la société ne se mesure pas à nos richesses matérielles ou à notre vernis social et intellectuel.

Interrogeons-nous: notre grille de lecture des autres est-elle la bonne ou est-elle trompeuse? Avons-nous besoin de rééduquer notre regard et d’apprendre à voir l’autre différemment?

 

Faisons cette prière :

Seigneur, fais que je ne juge personne sur son statut social ou son apparence. Chaque matin, rappelle-moi que pauvres ou riches, nous avons la même valeur à tes yeux. Sur chaque être humain, je veux porter le même regard que le tien. Je sais que la sagesse vient de toi seul et sans toi, je ne pourrais rien faire. Accorde-moi un esprit humble et respectueux de tous les hommes. Amen

par F.H.
Auteur :Fara HILARUS

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