Et si le sport nous était raconté autrement

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Et si le sport m'était raconté autrement

Les vertus de l’activité physique sont reconnues de tous. La littérature sur ces bienfaits abonde. S’il est vrai que nous savons beaucoup de choses en ce qui concerne ces bénéfices, la motivation pour s’y mettre manque souvent.

La pluralité des occupations de type sédentaires (multimédia, etc…) a encore contribué à diminuer les activités physiques (exercices physiques[1] et sport[2]). Nous avons tous et toutes de bonnes raisons de nous y mettre et aussi de bonnes raisons pour y renoncer.

Sur un plan psychologique, l’activité physique a, pourtant des répercussions assez intéressantes pour un individu qui se regarde et se sait aussi vu par les autres.


Vouloir adhérer à une pratique sportive, le choix de celle-ci, le plaisir dans la pratique sont liés à des facteurs personnels physiques et psychologiques. L’exercice physique permet dans une certaine mesure un meilleur développement personnel et donc peut contribuer à un rapport à soi différent, dans le sens d’une meilleure connaissance de soi.
La pratique du sport nous permet d’être à l’écoute de notre corps. Les sensations corporelles se trouvent exacerbées lorsque nous sommes en mouvement. C’est en effet la découverte progressive de nouvelles impressions, une rencontre avec ce corps qui nous était devenu indifférent, voire silencieux. De ce fait nous lui prêtons plus attention. On se surprend à en apprécier les mouvements, la motricité fascinante. On apprend à se l’approprier, à se le réapproprier, car le « Moi est avant tout corporel (FREUD, 1923) » et de part en part à s’aimer soi-même à travers lui.

 

Pour corroborer cette assertion, j’ajouterai que l’estime globale d’un individu est soumise à une véritable dynamique de changement dans le contexte de la pratique sportive. En effet, l’estime de soi est composite et l’une de ses composantes est la valeur de soi physique (qui comprend les domaines suivants : compétence sportive[3], attirance corporelle[4], force physique[5] et condition physique[6]). Il est important de prendre soin de soi et la pratique d’un sport quel qu’il soit semble être un bon compromis.

 

La promotion des activités physiques doit se faire dès l’enfance de façon à éviter l’accumulation de problèmes à l’âge adulte.

Chez les adultes, les notions de plaisir et de bien être sont nécessaires à la poursuite d’une pratique sportive parce que les préoccupations de santé, même si elles en sont l’origine, ne suffisent pas.

La santé n’est pas une motivation des plus essentielles chez les enfants. Il est donc important qu’ils aient le choix de leurs activités pour en ressentir tous les bénéfices tant sur le plan psychosocial (affiliation avec des pairs) que psychoaffectif (sentiment de valorisation par les compétences sportives). La notion de plaisir est essentielle chez l’enfant ainsi que les répercussions sur l’estime de soi.

Pour finir je dirais que notre corps est une belle machinerie mise au point par notre Créateur. En l’entretenant, nous lui montrons que nous en sommes conscients parce que, de toute évidence LUI pensait que nous le valions bien.

Guylène RIOUAL


[1] «Modalités structurée d’activité physique en vue du maintien ou de l’augmentation de la forme, telle que courir, soulever des poids ou faire de la bicyclette. »

[2] « Le sport désigne les activités compétitives réglées et structurées. »

[3] « Sport. Habileté sportive, habileté à apprendre les sports, confiance dans les sports »

[4] « Apparence du visage et du physique. Aptitude à maintenir un corps attrayant, confiance dans son apparence »

[5] « Force perçue, développement des muscles, confiance par rapport aux situations requérant de la force »

[6] « Condition, endurance, aptitude à soutenir l’effort dans l’exercice, confiance par rapport aux situations d’exercice »

 

Bibliographie
  • Famose J-P., Guérin F. (2001) La connaissance de soi en psychologie de l’éducation physique et du sport. Paris, Armand Colin, 2002
  • Stéphan Y., Maiano C. (2006) Répercussions du résultat d’un examen universitaire sur l’estime de soi : fluctuations et structure sous-jacente aux changements. Cahier Internationaux de Psychologie Sociale, 71 pp 15-24.
  • Biddle S., Goudas M. (1994) Sport, activité physique et santé chez l’enfant. Enfance, 2-3 pp 135-144.
  • Bauche P., Ducousso-Lacaze A (2005) Psychologie clinique de la pratique sportive. Approche psychanalytique. Revue québécoise de psychologie, 26(1), pp 249-258.

 

Auteur :Eglise Adventiste du 7ème Jour de Paris-Sud